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Associer la psychothérapie aux stimulations cérébrales pour de meilleurs résultats, est-ce que ça marche ?

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    PsyR2
  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

De quoi parle cet article ?

Quand on va mal (dépression, anxiété...), le traitement de référence reste le traitement médicamenteux + la psychothérapie (TCC, thérapie de parole, etc). Le problème, c'est que ça ne fonctionne pas pour tout le monde, ou pas assez bien. Alors des chercheur.e.s testent l’idée d’associer la thérapie à une stimulation cérébrale non invasive (NIBS). Concrètement, ce sont des techniques qui envoient de petites impulsions magnétiques ou électriques à travers le crâne (sans chirurgie ni implant), pour moduler certaines zones du cerveau impliquées dans les émotions et les pensées.


Cette étude est une méta-analyse : les auteur.e.s n'ont pas fait leurs propres expériences, mais ils ont rassemblé et comparé les résultats de 28 études, soit plus de 1 500 personnes au total.


Est-ce que ça améliore vraiment les symptômes ?

Oui, plutôt. Les personnes qui recevaient une stimulation active en plus de leur thérapie allaient globalement mieux que celles qui recevaient une stimulation placebo. L'effet est réel, mais modéré, et les résultats varient beaucoup d'une étude à l'autre.


Toutes les techniques de stimulation se valent-elles ?

Non, et c'est un des points clés de l'étude. Il existe plusieurs façons de stimuler le cerveau de l'extérieur :

  • La rTMS (stimulation magnétique répétée) : celle-ci a montré un vrai bénéfice.

  • La stimulation par courant continu (un léger courant électrique) : elle, en revanche, n'a pas montré d'effet significatif.

Donc la technologie utilisée compte énormément.


Faut-il stimuler pendant la séance de thérapie, ou avant/après ?

Résultat surprenant : stimuler le cerveau en même temps que la séance de thérapie n'apporte rien de plus. En revanche, le faire à un autre moment (avant ou après, séparément) fonctionne mieux. Une hypothèse : la stimulation pourrait servir à "préparer" le cerveau à être plus réceptif, ou au contraire à "graver" ce qui vient d'être appris en thérapie. Mais avec les données actuelles, impossible de savoir laquelle des deux explications est la bonne.


A noter que seule la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), l'une des approches les plus utilisées et les plus étudiées, a montré un bénéfice clair quand elle était associée à la stimulation. Les autres formes de psychothérapie testées n'ont pas montré d'effet significatif.


Un thérapeute humain fait-il une différence par rapport à un programme sur ordinateur ?

Oui, et de façon nette. Quand la thérapie était dispensée par un.e vrai.e praticien.ne, les résultats étaient bien meilleurs. Les formats automatisés ou informatisés, eux, n'ont montré aucun bénéfice supplémentaire. Le contact humain semble donc jouer un rôle important dans l'efficacité de la combinaison thérapie + stimulation.


Est-ce que ça marche pour tous les troubles et sur la qualité de vie ?

Les bénéfices significatifs n'ont été retrouvés que pour les troubles anxieux. Pour la dépression, aucun effet clair n'a été observé. Mais attention, cela ne veut pas forcément dire que ça ne marche pas pour la dépression. Il est probable qu'il n'y ait tout simplement pas eu assez d'études ou assez de participants pour détecter un effet réel (ce qu'on appelle un manque de "puissance statistique").

Sur la qualité de vie globale (mémoire, concentration…), aucun effet significatif n'a été trouvé. La stimulation semble donc surtout agir sur les symptômes cliniques ciblés, pas sur le bien-être général.


Ce qu'il faut retenir

Seulement 39 % des études utilisaient un protocole de thérapie entièrement standardisé, et à peine 11 % vérifiaient que les thérapeutes suivaient bien ce protocole comme prévu. Autrement dit, on ne sait pas toujours si la "thérapie" reçue était vraiment comparable d'une étude à l'autre, ce qui rend les comparaisons plus fragiles.

Associer une stimulation cérébrale non invasive à une psychothérapie peut aider, mais ce n'est pas automatique : cela dépend fortement de la technique utilisée (rTMS oui, courant continu non), du moment de la stimulation (séparé de la séance, pas pendant), du type de thérapie (TCC oui) et du fait qu'un humain soit aux commandes plutôt qu'un programme. Les chercheurs appellent à des études mieux contrôlées et plus rigoureuses pour affiner ces méthodes prometteuses mais encore imparfaitement comprises.



Article écrit par Lysianne Beynel, Eva Wiener, Neil Baker, Ethan Greenstein, Andrada D Neacsiu, Eudora Jones, Brian Gindoff, Sunday M Francis, Cecilia Neige, Marine Mondino, Simon W Davis, Bruce Luber, Sarah H Lisanby, Zhi-De Deng, et publié dans la revue Neuroscience and biobehavioral reviews


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