Du traumatisme infantile à la distorsion corporelle dans la schizophrénie : le rôle médiateur des schémas inadaptés précoces
Les troubles de la perception corporelle (distorsion corporelle) sont de plus en plus reconnus comme des symptômes associés aux traumatismes infantiles dans la schizophrénie, mais les mécanismes psychologiques reliant ces traumatismes à cette perception anormale de son propre corps restent flous. Les schémas psychologiques inadaptés précoces de Young, qui correspondent à une manière inadaptée de se percevoir soi-même et son environnement (méfiance/abus, sentiment de droit/mégalomanie), pourraient jouer un rôle dans cette relation.
Un groupe de 22 personnes avec une schizophrénie ont été évaluées pour déterminer si elles avaient subi des traumatismes pendant leur enfance, si elles présentaient des schémas précoces inadaptés et si elles avaient vécu des expériences de distorsion corporelle. Des analyses ont permis de vérifier si les schémas inadaptés précoces jouaient un rôle dans la relation entre les traumatismes et la distorsion.
Résultats
Plus les scores de traumatisme infantile étaient élevés, plus la perception corporelle était anormale
Les schémas méfiance/abus et droit/mégalomanie étaient significativement corrélés au traumatisme infantile et à la distorsion corporelle
Les schémas méfiance/abus et droit/mégalomanie agissaient comme médiateurs de l'association entre traumatisme infantile et distorsion corporelle
Ces résultats montrent que certains schémas influencent la façon dont les traumatismes de l’enfance affectent la perception du corps des personnes atteintes de schizophrénie.
Le schéma « méfiance/abus » peut perturber la perception corporelle et le corps devient ainsi un système d’alarme (hypervigilance), ou provoquer une déconnection de ses sensations pour se protéger émotionnellement (processus dissociatif).
Le schéma « droit/mégalomanie » peut altérer la représentation que la personne a de son propre corps, qui devient une armure, une image de puissance pour la protéger psychologiquement (stratégie défensive).
Cibler ces schémas dans les interventions axées sur les traumatismes pourrait aider à réduire les troubles liés à la perception du corps dans la schizophrénie.
D'autres études sur le long terme sont nécessaires pour confirmer ces résultats préliminaires.

Article écrit par Clément Dondé, Catherine Bortolon, Lison Demartini, Marine Mondino, Jérôme Brunelin, et publié dans la revue Asian Journal of Psychiatry
Article complet : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/41483729/













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